Les œuvres présentes sur ce blog sont ma propriété et je vous prierai de ne pas vous en servir sans mon autorisation (dessins non compris)
Bonjour !

Je m'appelle Jenny, j'ai 23 ans et je suis l'heureuse détentrice d'un DUT Informatique et d'une Licence Professionnelle Game et Level Design.

Actuellement en recherche d'emploi, j'ai travaillé chez Studio Melipone sur le projet Startups From Hell en tant que Game Designer, Level Designer, Développeur et Chef de Projet pendant un an et demi. J'ai également écrit de nombreux articles sur le blog du jeu.

Bonne visite à tous !

Bonjour tout le monde !

Ça faisait un bail depuis la dernière fois ! J’en suis tout à fait désolée :/. Je vais essayer d’être plus régulièrement là. Aujourd’hui je reviens avec le game concept que j’ai réalisé pour le concours de l’ENJMIN 2013. Le sujet était “Le bateau ivre" d’Arthur Rimbaud. Vous pourrez donc lire mon dossier ici.

Bonne lecture et à la prochaine ;p.

Voici la toute première version de ma nouvelle pour le concours de Nouvelle de l’IUT de Fontainebleau. Je l’avais faite avant même d’avoir les différentes instructions et règles à respecter pour le concours. Et oui, mon emportement m’avait plus que dépassé XD.

Bonne lecture ;p.

Lire !

« Un journal, une lettre, un recueil, vous pourrez appeler ça comme vous le voudrez, mais ici je vous conterai les évènements qui ont marqués ma vie. Et croyez-moi ou non, vu sa longueur, il s’en est passé des choses… »

Voilà ce qui était marqué sur la toute première page du livre que je venais de trouver en fouillant dans une des malle du Manoir Abandonné. Le refermant, je me mis à l’examiner sous tous les angles. Il paraissait vieux, usé et pourtant, à mes yeux, il était fascinant. La couverture noire était gravée de symboles -colorés en différents rouges plus ou moins foncés- que je n’avais encore jamais aperçu auparavant, sorte de dessins tribaux représentant des roses, de simples pics, des flammes, parfois j’avais même l’impression d’entrevoir des ailes… Le plus passionnant était pourtant qu’en observant la couverture dans son ensemble, on y discernait une créature à la fois effrayante et charmeuse. J’y distinguai une femme, pour autant que je m’arrête aux attributs dont je disposais en tant que telle. Mais celle-ci, celle de la couverture, elle possédait plus, bien plus… Ce qui me sauta immédiatement aux yeux ce furent ses crocs, blancs comme neige -pareils au reste de ses dents- seules choses blanches parmi le noir et les différents rouges… M’apparurent ensuite ses ailes, déployées autour d’elle, comme dans une position d’attaque imminente, puis ses longs ongles pointus que je qualifiai alors de griffes. Un vampire, ce fut la première proposition de mon esprit amateur d’histoires fantastiques. Mais cette hypothèse, je la réfutai bien vite, un vampire avec des ailes ? Où est-ce que j’étais allée pêcher ça… Cependant, j’eus beau réfléchir, aucune de mes hypothèses ne se révélaient plausible, j’en vins donc à la conclusion que l’auteur de ce livre avait inventé une nouvelle race d’être fantastique…

Ma curiosité était maintenant complètement enclenchée, une nouvelle race, certes, mais laquelle ? Comment s’appelait-elle, d’où venait-elle, qui l’avait inventée ? Cette dernière question je cru pouvoir y répondre facilement, mais malgré mes recherches, je ne trouvai nul part le nom de l’auteur. Bizarre. Un auteur amateur sûrement… Était-ce lui qui avait effectué cette gravure ? En voilà une bonne question ! Cette réflexion m’avait amené à fixer de nouveau la merveilleuse image qui s’offrait à moi, et cette fois, j’y remarquai ce que je n’avais pas encore distingué, la créature représentée avait une expression bizarre, presque… espiègle, ce qui contrastait beaucoup avec le reste de l’illustration. Les questions qui m’avait jusqu’ici occupé l’esprit furent presque toutes occultées par cette simple question : pourquoi ? Pourquoi ce livre, pourquoi cette couverture ? Et c’est ainsi que j’ouvrai l’ouvrage et en commençai les premières lignes.

« Mi-humaine, mi-succube, la Veuve Sanglante est l’un de mes surnoms… Cependant, vous apprendrez tout cela en temps et en heure, je vais donc commencer par le commencement : ma création. Elle eut lieu le jour où ma mère, Ruby, eut le ”bonheur” de rencontrer un incube, ou si vous préférez, un succube mâle (les incubes sont des bêtes de sexe à l’allure humaine qui sont assoiffées d’énergie, humaine ou non, qui, le plus souvent, tuent leur victime pendant leurs ébats, ou ne font que les féconder pour préserver la race. Les succubes cependant ne sont pas capable de donner la vie.).Ruby désirait mourir plus que tout à cette époque, venant de perdre son compagnon, mort par la main de chasseur de vampire alors que, de sa vie d’immortelle, il ne s’était jamais nourri que d’animaux, comme elle à partir du moment où elle l’avait rencontré. Déplorant la perte de la moitié de son être (au lieu de céder à la fureur…), elle désirait mettre fin à son éternelle existence qui durait depuis bien trop longtemps déjà. Elle considérait l’incube comme étant sa chance, sa porte de sortie, quoi de plus beau que de mourir de cette façon après tout ? Elle alla donc le trouver, et celui-ci, heureux d’avoir une telle proie ne se fit pas prier… Des jours et des jours passèrent avant que ma mère ne s’épuise, au plus grand bonheur de l’homme qui n’avait pas souvent l’occasion de tester ses pouvoirs sur un être immortel aux ressources bien plus grandes que celles des simples humains. Mais cela finit par arriver, Ruby se retrouva comme morte, plus faible qu’elle ne l’avais jamais été, sa ”vie” ne tenait plus qu’à un fil, une simple entaille l’aurait vidée de son sang et achevée sur l’heure. Cependant, le destin en voulu autrement, car l’incube, étourdi par cette si longue ”nuit” d’amour n’acheva pas sa victime… et Ruby reprit peut à peu des forces. Désormais enceinte… ”Comment ?” allez-vous sûrement vous demander. Eh bien sans entrer dans des détails d’ordre biologiques que vous ne comprendriez sûrement pas, on peut dire que génétiquement parlant, Succubes mâles et femelles sont très proches des Vampires, ils peuvent donc se reproduire entre eux. De même, ces deux espèces peuvent se reproduire avec les humains, néanmoins, à cette époque et de nos jours également, les hybrides étaient et sont mal vus par toute les races existant sur Terre. Ma mère décida tout de même de me garder car elle venait de perdre l’Amour de sa vie et le destin lui donnant une nouvelle chance d’offrir son amour, elle ne la laisserai pas passer…C’est ainsi que quelques mois plus tard, le temps de gestation étant plus court chez les vampire, je naissais dans une ruelle sombre d’une petite ville de France (ma mère n’a jamais su où exactement car elle avait erré sans faire attention à ce qui l’entourait). Petite pouponne aux cheveux à la teinte étrange, un mélange de blond et de roux, et aux yeux rouges, tels deux grenats, qui vous glacent le sang…»

Je cru entendre un bruit… J’avais dû rêver, j’étais seule. Enfin, c’était l’impression que j’avais en tout cas. En regardant attentivement autour de moi, la seule chose que je pus conclure aisément était qu’il était temps de rentrer. La pièce commençait à s’assombrir. Me levant, je vis que le crépuscule était déjà là, plutôt avancé d’ailleurs pour un jour d’été. D’après ma montre, il était déjà 21h30, il fallait que je rentre si je ne voulais pas me faire sermonner par ma mère. ”Non mais tu n’es pas un peu inconsciente ? C’est dangereux dehors ! Te balader dans cette forêt maudite à cette heure ci, tu ne te rends pas compte !”, comme s’il y avait des fou dans cette région du Jura, que je décrivais comme LE coin paumé par excellence…

Je m’étais mise en route, j’avais hésité à emporter le livre, il ne m’appartenait pas après tout… mais le manoir était abandonné depuis des années déjà… et mon désir de connaître la suite de l’histoire était très puissant. Je me retrouvais donc à courir doucement dans les bois pour vite rentrer chez moi, le livre sous mon tee-shirt dans le but de le protéger de l’humidité de l’air ainsi que de mon inquisitrice de mère. Une quinzaine de minutes plus tard, j’étais devant une maison en lisière des bois, ma maison. Et bien évidemment, ma mère m’attendait sur le perron… Elle râla comme à son habitude à cause de l’heure, et à mon tour je la laissais parler à un mur, attendant qu’elle finisse pour monter dans ma chambre (juste pour éviter qu’elle ne cri encore plus)…

Cela faisait maintenant plus de quatre heures que j’avais recommencé à lire ce livre énigmatique. J’étais confortablement installée dans mon lit, ma lampe de poche posée de façon à éclairer les fines lignes manuscrites et complètement prise dans le texte. J’avais déjà pleuré, ri et été apeurée plusieurs fois.

En effet, Grenat avait eu une vie difficile, rejetée de tous, humains, vampires, succubes, loups-garou, elfes, naïades (des êtres aquatiques un peu sot qu’il ne faut surtout pas énerver), shivas (des femmes de glace solitaires et distantes), wyverns (des êtres capables de se transformer en dragon), et bien d’autres espèces encore, elle n’avait trouvé refuge que dans les bras aimant de sa mère… Dans son journal, car c’était la seule appellation que je trouvais vraiment adaptée, Grenat montrait des signes de profonde solitude dans ces jeunes années, elle avait beau être aimée par sa mère, il lui manquait la reconnaissance de ceux qu’elle considérait comme son peuple. Pourtant, elle ne différait pas tant des vampires, elle avait des ailes et des pulsions sexuelles -qui me firent rire de nombreuses fois car cela lui arrivait dans des situations plus que saugrenues- certes, mais elle faisait des efforts pour cacher les premières et atténuer les secondes, de plus, elle se nourrissait comme eux, avait été élevée comme eux, vivait avec eux, cependant aucun ne lui accordait le moindre regard amical, le moindre sourire honnête, rien. Elle était comme inexistante, et cela me révoltait, sa personnalité était si fascinante, si drôle, si attirante que c’en était incompréhensible, s’ils avaient seulement pris le temps de la connaître avant de la juger sur ses origines… J’étais tellement furieuse que j’en pleurais, son enfance, ces 75 premières années -elle avait expliqué que les vampires atteignait leur maturité entre leur 75ème et 85ème années, à ce moment, ils arrêtent de grandir, ressemblant à des personnes de 20 à 30 ans-, avaient été atroces à mes yeux. Mais l’avenir lui avait réservé mieux, enfin c’est ce que laissait entendre le passage auquel j’étais arrivé…

« La ville de Neeron, endroit paisible et loin de tout… »

Neeron ? Il me semblait avoir déjà entendu ce mot là quelque part… Mais je ne me souvenais plus où… Je ne cherchais pas trop, pressée de connaître la suite.

« …où les légendes sur les vampires n’était encore jamais arrivée. Là-bas, on ne connaissait que les Dryades (des êtres très proche de la nature et en osmose presque totale avec les arbres, peu dangereuse en règles générales, mais mieux vaut ne pas s’attaquer à l’un des leurs ou aux arbres, sinon, s’en est finit de vous…) et les Lycanthropes (de nos jours, on les appelle Loup-Garou, des êtres à forme humaine capable de se transformer en énormes loups, amateurs de tueries et perfides pour la plupart, personnellement j’en ai rencontré de très gentil mais une chose est sûre, ils sentent vraiment le chien mouillé…). Je vécu pour la première fois heureuse, je n’avais pas à me cacher, mes canines je devais les dissimuler un peu mais ça ne choquait pas vraiment, et mes ailes je les passaient sous un tee-shirt, faisant croire que j’étais difforme, et avec toutes les déformations qu’il y avait dans le village, ce genre de choses ils n’y faisait même plus attention. Ma mère n’était pas très rassurée en me voyant me lier aux jeunes de la ville, elle avait peur pour moi, et je la comprenais… mais j’étais tellement heureuse d’être, pour la première fois de ma vie, acceptée par quelqu’un d’autre qu’elle ! Et Ruby, heureuse de me voir enfin épanouit ne sut me l’interdire… ce qu’elle regretta par la suite. Mais je vais essayer de vous conter cela dans l’ordre. »

Je lisais sans pouvoir m’arrêter, j’étais comme hypnotisée par l’écriture, par l’histoire, par Grenat. Cependant, j’étais fatiguée et mes yeux se fermaient tout seuls, et c’est donc en jeune fille raisonnable que je glissai un papier à la page où je m’arrêtai, posai le livre sur ma table de chevet et éteint la lampe de poche. Le sommeil ne fut pas long à m’emporter dans les méandres de mon esprit. Je me voyais dans la peau de Grenat vivant ce qu’elle avait vécu, changeant quelques passages, essayant d’améliorer sa vie avant d’arriver à Neeron… Puis m’enfonçai plus encore dans le sommeil, un sommeil réparateur. Je dormis plutôt bien cette nuit-là, pourtant, le réveil fut difficile. Ma mère m’appelait depuis près de 5 minutes quand je daignai enfin ouvrir les yeux. ”Il était temps !”, voilà la seule chose qu’elle trouva à me dire avant de descendre dans la cuisine me faire mon déjeuné, ne remarquant, heureusement, pas le livre. Si elle le voyait, elle le confisquerait et ça s’était hors de question pour moi, je voulais savoir la suite, et vite ! Après avoir enfilé rapidement une tenue pour la journée -que je passerai à lire- j’allai prendre mon petit déjeuné et remontai directement m’enfermer à double tours dans ma chambre. Je lus une heure, deux heures, partageant la joie de Grenat qui avait enfin trouvé amitié et amour, un amour qui était peu à peu devenu tout pour elle, enfin presque tout, elle n’oublierai jamais l’amour qu’elle portait à sa mère. Tellement amoureuse de Christian, fils du fleuriste du village, elle pensait lui avouer sa véritable identité car cela faisait presque deux ans qu’ils étaient ensemble, elle le sentait fin prêt à apprendre la vérité. Je trouvais cela tellement romantique, sa façon de tout préparer, la façon dont elle allait lui annoncer, la sincérité dont elle allait faire preuve malgré le risque de rejet. Le jour venu, il s’était installé dans une petite clairière pleine de fleurs « aux couleurs printanières » et elle lui avait tout avoué, et lui avait accepté, sans broncher, parce qu’il l’aimait. Je pleurais de joie désormais, c’était presque irréel qu’il l’accepte cependant j’en était heureuse. Grenat décrivait si bien la joie qui l’avait traversée à ce moment que je la sentais monter en moi, et, séchant mes larmes, je continuais à lire.

« Nous étions un couple heureux, nous prélassant dans les fleurs, jouant à nos jeux amoureux habituels, le laissant pour la première fois admirer mes crocs qu’il pensait jusque là être une déformation simple comme il en avait vu tant, attendant un peu pour lui montrer les ailes, tentant tout de même de le ménager un peu. Pourtant, dès le début j’aurais dû m’en douter, le bonheur n’était pas fait pour moi… Un bruit sourd nous coupa dans nos ébats, et Christian, courageux et téméraire, s’aventura à la suite pour en trouver la source… un spectacle horrifiant, même pour moi. Dans un coin reculé, non loin de la clairière, un des vampire du clan de ma mère venais de tuer une famille entière pour se repaître. Je ne comprenais pas ce que pouvais avoir le sang humain de si attirant pour tuer toute une famille d’innocents, j’étais choquée. Cependant, Christian lui était dans un état de fureur extrême, j’eus beau essayer de lui répéter que je ne savais pas, qu’il n’étais plus censé boire de sang humain depuis qu’il voyageait avec ma mère, il ne m’écouta pas, et se jeta sur moi, ses ciseaux de fleuriste à la main. Il s’en voulait d’avoir cru un être pareil, me demanda combien de famille j’avais tué, à combien d’hommes j’avais brisé le cœur avant de les dévorer…Des choses qui aujourd’hui encore déchire la plaie béante de mon cœur mort. J’avais jusqu’ici esquivé la plupart de ses attaques, pourtant, l’une de ses questions, que je ne citerai pas (elle est trop dur à évoquer pour moi…), me cloua sur place, ce qui me vaut désormais une belle cicatrice sur le bras, même mon sang de vampire n’a su m’en débarrasser… à moins que comme le pensait Ruby ce ne soit psychologique, une façon pour moi de me rappeler de ne plus jamais être amoureuse. Ce fut le déclic, il m’avait mutilé le bras, moi, celle qu’il aimait, et il ne semblait avoir aucun regret. Déçue, déchirée, perdue, et plus que tout furieuse contre moi, contre les vampire et contre ces stupides humains, je m’enfuis. Le laissant seul à côté des cadavres, l’autre vampire étant parti depuis bien longtemps. Me réfugiant dans les hauteurs d’un arbres, j’attendis de voir les torches des villageois me chercher, chercher les vampires en fuites, s’éloigner du village, laissant femmes et enfants seules… sans surveillance. Je réfléchissais, et je n’aurais pas dû, car plus je pensais, plus le ressentiment s’emparait de moi. Pour finir, la haine qui me pris ce jour-là fut telle que mon esprit s’effaça devant la bête que j’avais jusque là refoulée dans les tréfonds de mon âme. »

Je frémis en lisant ce que Grenat fit ce soir-là. L’horreur de son acte me frappa de façon très intense, et me fit comprendre à quel point la colère l’avait envahie. Cela me fit très peur… également car elle détaillait tout ses actes. D’abord elle était allée en douce au village, puis elle était entrée dans chacune des maisons, arrachant et dévorant le cœur des femmes dont l’âge était compris entre 10 et 60 ans. Elle avait terminé par la maison de Christian, tuant sans vergogne sa mère devant la sœur et blessant gravement cette dernière, dernier acte de cruauté(ou de bonté, elle pouvait encore être sauvée… tout dépendrai du temps qu’ils mettraient à revenir au village.). Avant de partir, elle laissa un message de sang sur le mur externe de la maison :

« Que tu le veuilles ou non, tu m’appartiendras à jamais… Adieu, mon amour. …
- A table ! »

Le cri de ma mère m’avait subitement tirée de l’histoire, il était déjà près de treize heure. Je descendais manger et remontais tout aussi vite, car malgré la peur que m’avais inspiré Grenat au passage où je m’étais arrêtée, je ressentais le besoin de connaître la suite, le fin mot de l’histoire. Comment elle s’en était sortie, comment Christian avait réagit après mon message… enfin, son message. Apparemment, l’histoire me prenais bien plus que ce que je ne pensais… Sa façon d’écrire était telle que je ressentais toutes ses douleurs et ses joies, tout en sachant pertinemment que je ne m’étais pas associée à son personnage, trop idyllique à mes yeux -et tout le contraire de la jeune fille que je pensais être-. Après avoir mis quelques oreillers sur le montant de mon lit de sorte à pouvoir m’y appuyer sans me casser le dos, je me remis à lire avidement, reprenant à l’endroit exact où je m’étais arrêtée.

« Ma soif de vengeance s’était atténuée désormais… Je laissai le corps sans vie de la mère de mon bien-aimé et celui, mutilé mais vivant, de sa sœur sur le plancher, me détournant, souriant d’un sourire glacé et sans joie, puis sorti doucement dans l’air frais de cette soirée d’automne. Je me souviens avoir regardé longuement le ciel, il avait la couleur d’une rose, une couleur de sang… L’aube laissait place au matin. Et la fumée des torches des hommes partis me chercher ne tarda pas à se faire sentir et voir, c’est à ce moment que mes jambes, avides de fuir la menace tandis que mon cerveau ne répondait plus à rien, se mirent en mouvement. Laissant ainsi celle que j’étais à peine quelques heures auparavant loin derrière un corps, mon corps nouvellement rempli de néant. Malgré la bonne mémoire que peuvent avoir les deux races dont je suis issue, je ne me souviens pas de grand chose après mon départ de la ville de Neeron. Ni du temps pendant lequel j’ai marché, ni d’où je suis allée, où je me suis arrêtée (si je l’ai ne serait-ce que fait), de ce dont je me suis nourrie… Rien qu’un énorme abîme de souffrance dans lequel je m’enfonçais pas après pas.

Deux ans ont passé ainsi (il ne faut pas oublié que les êtres tels que moi vivent pendant bien trop longtemps..), et d’autres années auraient pu s’écouler ainsi si ma mère ne m’avait pas retrouvée et amenée dans son nouveau refuge, une vieille cabane non loin de la ville de mon carnage malheureusement. Il lui fallut deux ans de plus pour me rendre tout ce que j’avais perdu ce soir là, le sourire, la joie de vivre, l’amour que j’avais envers les miens (excepté elle évidemment), mes hobbies, ma passion… ma vie pour résumer. Pendant mon temps de convalescence, Ruby m’appris que les villageois avaient fait brûler Neeron et tout les corps avec, que la sœur de Chrsitian avait survécue, mais était traumatisée à vie (ceci je m’en voulais beaucoup, et je m’en veux toujours aujourd’hui…), et qu’ils s’étaient installés dans un autre coin, plus proche des grandes villes et du refuge. Elle m’annonça également qu’ils avaient rebaptisé l’endroit du nom de Chemilla, en l’honneur de la mère de Christian. »

J’en fus abasourdie, Chemilla ? Mais c’était précisément le nom de la ville où je demeurais ! C’était… très troublant comme nouvelle, une toute nouvelle angoisse me pris. Et si ce que je prenais pour un simple roman-recueil était en réalité bien plus que cela ? Et si l’auteur amateur que je m’imaginais écrire ce livre était vraiment la Veuve Sanglante, la belle et passionnante Grenat ? La peur et la joie s’emparèrent de moi au même instant, mais elles s’effacèrent vite quand l’émotion passée, ma raison repris le dessus, me disant clairement d’arrêter de croire à mes rêves car la fantaisie ça n’existait que dans les livres… Déçue, mais espérant tout de même à l’insu de ma stupide raison, je repris ma lecture.

« Ensuite, elle m’expliqua son projet concernant leur nouveau refuge. Pendant mes rares sorties, j’avais découvert les ruines à l’arrière de la cabane, et elle comptait reconstruire le bâtiment pour en faire un orphelinat… pour les êtres ‘surnaturels’.